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Vendredi 25 août 9h30
 
Un nouvel esprit des lieux

Conversation sous l’arbre et atelier créatif

 

Quelles nouvelles pratiques culturelles à inventer pour minimiser nos impacts sur l’environnement ? Comment faire cohabiter des usages humains avec ceux d’une essentielle biodiversité dans les lieux culturels et patrimoniaux ?
 
Le tiers-lieu culturel et citoyen de La Verrerie ouvre une conversation sur notre manière de vivre et d’habiter ces lieux. 
 

Avec trois grands témoins :

 

David Irle, éco-conseiller indépendant auprès du secteur culturel, et co-auteur de Décarboner la culture (PUG et UGA éditions, Coll. Politiques culturelles, 2021)

Après avoir décrit le contexte et les dépendances énergétiques de la filière culturelle et analysé les enjeux de sa décarbonation, les auteurs y évaluent les impacts de la filière et proposent des stratégies publiques en réponse à ces enjeux. Ils esquissent ainsi les pistes que pourrait emprunter le monde culturel pour être capable de relever le défi de l’équilibre écologique.

 

Henri-Luc Camplo, Responsable du Centre national du microfilm et de la numérisation, Château d’Espeyran (Saint-Gilles, Gard) – Ministère de la Culture – Archives de France

Le Château d’Espeyran s’est engagé dans une démarche à long terme de préservation du vivant qui vient bousculer les pratiques, notamment à travers la mise en place d’une Obligation Réelle Environnementale (ORE) sur ce site aux multiples patrimoines.

 

Marine Buu, co-fondatrice du tiers-lieu de La Verrerie et animatrice nature (« école dehors »)

Cet échange inspirera un atelier collectif de mise en récit (design fiction), animé par Sylvie Hernandez, pour imaginer un nouvel esprit des lieux.

👉Entrée libre sur réservation.  

👉 Dès 9h30 accueil et découverte du tiers-lieu / 10h Conversation / 11h Atelier

👉 pour toute question : 06.11.89.42.45accueil@laverreriearles.fr 

 

RETOUR SUR LA MATINEE DU 25 AOÛT 2023

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La conversation

David Irle a apporté son expertise en tant qu’éco-conseiller. Il a rapidement évoqué des mesures visant à décarbonner (agir sur les mobilités, les déchets, la restauration proposée sur place…) mais il a porté son propos sur le respect du vivant en cohérence avec le cadre du festival

Pour lui, l’essentiel de la réflexion ne doit pas porter sur les outils : de nombreux existent ou sont en développement pour mesurer et améliorer les impacts. La démarche est importante : il s’agit d’ouvrir le chantier, d’intégrer la prise en considération du vivant dans les modes de faire. Il a cité en exemple un grand festival accueillant plusieurs dizaines de milliers de personnes a été confrontée à une belle surprise : le nid d’un oiseau protégé sur la scène principale. Pour permettre la tenue du festival, celui-ci a fait appel à une ornithologue qui a déplacé progressivement le nid afin d’éviter que celui-ci ne soit abandonné par l’oiseau.

Un enseignement : maitriser les impacts est d’autant plus faisable que l’événement est « petit ».  La dimension des événements est à réinterroger à plus long terme et leur économie.

Le site d’Espeyran situé à  Saint-Gilles-du-Gard appartient au Ministère de la culture (Archives de France) et comprend un château, son parc de 13 ha classé , un  mobilier et des collections ainsi qu’une réserve archéologique de 7 ha (ancien comptoir grec) et le Centre National du Microfilm et de la Numérisation seul centre dédié à la conservation des supports microfilms et numériques de sauvegarde.  Le site d’Espeyran est signataire d’une ORE, avec le CEN Occitanie et le Syndicat mixte de la Camargue Gardoise, qui l’engage à préserver le vivant. Les obligations réelles environnementales (ORE) sont un dispositif foncier de protection de l’environnement. Le dispositif ORE permet aux propriétaires de biens immobiliers qui le souhaitent de mettre en place une protection environnementale sur leur bien. Cette protection est volontaire. Elle passe par un contrat librement établi entre le propriétaire du bien immobilier, et son cocontractant, qui peut être une collectivité publique (État, communes, départements, régions…), un établissement public ou une personne morale de droit privé agissant pour la protection de l’environnement.

Cet engagement, qui fait suite à celui du site dans le réseau des éco-acteurs de Camargue a plusieurs conséquences très concrètes sur les activités du site : un travail de coconstruction d’un cadre de gestion avec plus de 80 acteurs divers et habitants en 2023 permettra de fixer des principes pour répondre aux problématiques quotidiennes. Il s’agit de concilier le respect du vivant avec la conservation patrimoniale et les activités du site, qui accueille du public tout au long de l’année (scolaires, événements). Espeyran accueille le festival ACTE depuis 3 ans, qui réunit des éco-acteurs de Camargue (associations, entreprises…) pendant le premier week-end de juin et permet de valoriser les engagements, de sensibiliser le public au-travers de diverses propositions artistiques et pédagogiques et met en lumière le travail réalisé toute l’année avec les scolaires.  

L’un des problématiques citées en exemple par Henri-luc Camplo est celle des insectes xylophages qui s’attaquent au mobilier. Pour lutter contre ces insectes un traitement chimique est habituellement utilisé : l’ORE a conduit à réinterroger cette pratique et à rechercher de nouvelles solutions qui nuisent moins au vivant (l’anoxie par exemple).  L’ORE a engagé un dialogue entre des cultures professionnelles et des visions et usages très différents : conservateurs des archives, du patrimoine, paysagistes, naturalistes, artistes, habitants et usagers du lieu.  

Marine Buu, intervenant pour retracer l’histoire du tiers lieu la Verrerie, a rappelé la différence de ce lieu où la culture est d’abord rencontre, ouverture à l’autre. Un lieu où les événements culturels, la médiation sur le patrimoine sont importantes dans les pratiques mais sont avant tout une occasion de partage. Les patrimoines et la médiation autour de ces patrimoines sont pluriels : patrimoine archéologique, historique, biodiversité font l’objet d’ateliers et d’événements proposés par la communauté du tiers lieu (bénévoles par ex) et par des partenaires institutionnels  et associatifs. La Verrerie accueille ainsi Arelatte mais aussi Noël à Trinquetaille. Le tiers lieu bénéficie du soutien de la DRAC en tant que tiers lieu culturel et citoyen pour son action.

Les échanges avec le public ont permis de parler de certains outils concrets (…référence ???) , d’interroger la nécessité de la conservation patrimoniale systématique au profit d’une réflexion plus large, constamment actualisée et faisant une place aux besoins de tous les vivants. Le public a également interrogé les intervenants sur les autres tiers lieux  existant à Arles (la carte Arlons-y a été partagée) et les différences et convergences de ces lieux.

L’atelier 

L’atelier créatif proposait d’imaginer collectivement un lieu culturel de demain. Les participants se sont projetés en 2033 dans un quartier multi-culturel, constitué de petits immeubles et pavillons. Dans cet espace, le square constitue un des espaces de convivialité, avec ses « bancs de conversation » Le potager partagé permet de cultiver, cueillir et cuisiner ensemble, et de créer des petits temps festifs autour d’une recette préparée pour « plus que soi ». 

Un marché des petits producteurs et artistes locaux est organisé. Finalement, si ce lieu invente, c’est par la qualité et la diversité des échanges qu’il crée (intergénérationnels, interculturels) , par sa façon de créer des « tiers liens ». 

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